Ciel_d_orage_vers_Issoire                                                                Sombre

Le 21 janvier 2011

Tous ceux qui s'adonnent à l'écriture d'un journal ou d'un blog ont quelques complaisances pour leurs rêves ou leurs cauchemars. Ce matin par exemple je pourrais me répandre en de vaines lamentations, ma nuit fut atroce, mais je ne sais pas écrire sous la torture. je vais guetter l'embellie pour m'échapper quelque part au-delà de moi, et de ma douleur.

Que valent les promesses d'amitié éternelle, les serments d'amour définitifs prononcés dans l'extase d'un moment, répétés parfois même des années durant? Rien. Les amants d'hier se déchirent d'autant plus qu'ils se sont aimés, les amis d'autrefois perdent la mémoire, les photos des jours heureux tremblent entre nos doigts. L'amour, ce grand mot encombrant qui nous fait tout confondre, dire tant de bêtises et qui nous blesse finalement à la moindre imprudence, il faudrait pouvoir se contenter de son illusion. C'est impossible pour qui n'a pas le coeur sec, mais quelles douleurs en perspective.

Cinq jours que je planche sur ce texte, des jours interminables. Je me fais peur tout seul en imaginant la suite de ma vie, je ne trouve rien pour me rassurer. Les silences aussi m'obsèdent, la douleur est encore trop forte, beaucoup plus forte que moi. je peut rester des heures seul sans bouger, sans parler, seul au fond de moi dans les ténèbres, le ventre déchiré par l'angoisse. Je savais que ce début d'année serait redoutable et la il m'épouvante. Jamais un manque n'a été plus lourd à porter.

Si je racontais tout ce qui me traverse l'esprit ces temps sans me laisser une minute de répit, si je disais les échafaudages de mon imagination comme autant de cauchemars éveillés, on me prendrait pour un fou. Je déraisonne, mais je le sais. C'est le contraire de la folie. Je ne vois pas comment sortir de là, du moins pas encore. Ce n'est pas vrai que l'on n'attend rien. Desabusé, désemparé, on reste à l'affut d'un sourire, d'une main tendue. Nous attendons toujours quelque chose ou quelqu'un, c'est la définition même de la vie.