imagesCAJ8PTZUIMG_0712                                                                        Noir et blanc 

Cette idée que je donne de moi depuis quelques semaines est truquée, et elle m'épuise. Jamais je n'ai été plus défait que je ne le suis, moralement et physiquement. Cela s'appelle une dépression, une maladie honteuse qui ne me convient pas, qui n'est pas convenable. Ce n'est pas mon genre, la dépression, l'écrire même me dérange. Je ne la nomme pas, je la méprise. Et puis, qui me croira? A qui raconter que l'on va très mal? A des gens qui vont plus mal que nous encore? Un peu de tenue s'impose. Ce n'est pas aussi facile à supporter que je le laisse supposer. L'éternel décalage entre moi et moi finira par m'engloutir. Je pourrais aussi me tenir tranquille, ne pas écrire ce que je pense vraiment, trafiquer ici et là mes états d'âme, mes enthousiasmes, trouver que, finalement , le monde ne va pas si mal. M'en foutre, au fond. Ce texte n'est pas un rapport de police, personne ne m'oblige à tout noter, c'est d'ailleurs impossible. Il y a pourtant des détails, des presque rien qui ne sortent pas à l'instant où j'écris et me rattrapent immanquablement. J'ai l'impression d'avoir raté une marche, c'est cela. Si tout dire est impossible, et d'ailleurs inutile, ce sont les presque rien qui éclairent le tableau. Je ne trouve pas toujours les mots pour les dire. Mon humeur, mes limites, mon impatience aussi à toujours vouloir être à demain m'empêchent de m'y attarder.

Peut-être le plus beau jour de ce début d'année atroce,d'abord l'éblouissante lumière sur Paris en ce quinze janvier, un soleil d'hiver haut et frais comme je l'aime, pas de vent, un air frisquet qui revigore. Il fallait que j'aie la tête à ça, flâner le nez en l'air et croire que de nouveau tout redevenait possible.

 

Le 1 février 2011

 

Le printemps qui se dessine, je vais mieux, beaucoup mieux, la tempête s'est enfin éloignée, les sentiments changent pour bientôt faire place à une amitié que j'espère belle. Il faudra le temps qu'il faudra mais cette perspective me réjouis. J'ai repris goût à des choses qui n'avaient plus aucune saveur, bref, même si ce n'est pas encore totalement évident, je vis.

 

Le 11 mars 2011