ombre                                                          Penser à lui

 

Sa démarche, la place qu'il prenait dans l'espace en se déplaçant, son odeur, son rire qui trouait mon silence, tout cela se dissipe si vite. Il m'échappe, il s'évanouit si je bouge. Je m'entraine à le retenir. Il faut que je le voie, que je l'entrevoie ne serais-ce qu'une seconde entre la chambre et le salon. Penser à lui ne me suffit pas, je ne fais que cela penser à lui, j'y pense comme je respire. Je tend mes mains vers les endroits où il passait, je tend mes mains comme un mendiant, j'ai faim de lui, je le frôle, je glisse mes doigts dans ses cheveux. Il ne peut plus rien pour moi, je ne peux plus rien pour lui, je me répète chaque nuit ces mots-là. Il m'a aimé et je m'endors en murmurant son prénom.

Le 16 avril 2011