voyage_haut_de_gamme_islande11                                                                        Scène de vie...

 

 

 

 

Mon père portait la chemise bleue que je lui avait offerte pour son anniversaire, elle lui va très bien. Dans son fauteuil, près de la fenêtre de sa chambre, il nous attendais, ma soeur et moi, la mine épanouie et le teint frais qui contrastait avec les souffrances de ces dernières semaines.

-Alors, ça va?

-Quelle élégance, lui dis-je pour ne pas répondre à sa question.

-Oui, Christine m'a coupé les cheveux.

Ma soeur Christine arrange dans un vase trop petit les fleurs que je viens de lui offrir et s'inquiète elle aussi de savoir si je ne suis " pas trop fatigué ". Elle ne dit pas: trop triste, elle dit "pas trop fatigué". Elle refuse que je sois malheureux, elle sait que je le suis mais elle ne veut pas que je le dise, que je m'abandonne, elle ne le supporterait pas. Moi non plus, nous avons déjà suffisemment de mal à croiser nos regards qui nous trahissent pour ne pas en rajouter. On ne se vautre pas dans le chagrin, on le domine comme on peut, mais on n'en parle jamais. Les effusions, les embrassades de théâtre, les serments éternels ce n'est pas le genre de la maison.

 

le 1 novembre 2011